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This month : Rouge

Rouge
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Le ciel n’est bleu que par convention, mais rouge en réalité.
Alberto Giacometti

En septembre, LaCinetek se pare de rouge. La Sélection du mois décline cette couleur primordiale, son intensité picturale et sa richesse symbolique, en une palette de films pop, baroques, flamboyants.

L’art du monochrome revu par Krzysztof Kieślowski renouvelle l’art du récit. Dans Trois couleurs : Rouge (1994), le cinéaste dispose dans chaque plan des objets dont la couleur relie des intrigues et des êtres apparemment distants pour aider le spectateur à faire des associations par « touches » sensibles. Ce dernier volet de la trilogie Bleu, Blanc, Rouge est porté par l’interprétation saisissante d’Irène Jacob et de Jean-Louis Trintigant. 

Rouge, bleu, jaune. Les complémentaires explosent dans l’incendiaire Pierrot le fou (1965) de Jean-Luc Godard. Jean-Paul Belmondo et Anna Karina y plongent dans un bain de couleurs primaires, magnifiées en scope Eastmancolor. Une peinture intense des années 1960, qui conjugue l’abstraction sensuelle d’un Matisse à l’acidité lucide du Pop Art. 

Ces mêmes couleurs, pures et primaires, rythment le film de Pedro Almodóvar Tout sur ma mère (1999). On y retrouve du Picasso et du Chagall, remixés par l’esthétique exubérante de la Movida. Les tons vifs y expriment des passions profondes, accrochées aux perruques flamboyantes, aux rouges à lèvres qui bavent, aux sofas criards ou au skaï vermillon.

D’autres films s’appuient sur une dynamique bicolore. Ainsi de L’Amour à mort d’Alain Resnais (1984), où le couple formé par Pierre Arditi et Sabine Azéma vit un drame en rouge et noir, entre Éros et Thanatos. Puissante réflexion sur les différentes formes d’amour, le film est entrecoupé de 16 « interludes » neigeux, abstraits et musicaux.

Imaginez le genre sanguinolent du western spaghetti, mais déplacé sur un manteau blanc de neige. Le Grand Silence (1968) de Sergio Corbucci propose une variation radicale et abrupte du genre, avec Jean-Louis Trintignant et Klaus Kinski, sur une partition d’Ennio Morricone.

Rouge sang, tueur en noir, arme blanche, chairs roses et mise en scène haute en couleurs : voici les pigments essentiels d’un autre genre transalpin, le giallo (jaune en italien, comme les couvertures des romans inspirant ces thrillers). Six femmes pour l’assassin (1965) de Mario Bava prend le parti des effets saturés et baroques, aux coloris fantasmatiques. 

Dans les contrées rouge sang s’épanouit également le Dracula (1992) de Francis Ford Coppola. Un romantisme embrasé réchauffe ce conte gothique, porté par des acteurs ardents (Gary Oldman, Winona Ryder, Keanu Reeves, Anthony Hopkins…), des costumes écarlates (conçus par l’artiste japonaise Eiko Ishioka), des éclairages de feu et des surimpressions incandescentes.

Puis, le fil rouge se déroule de la Transylvanie à l’Arménie médiévale. Sayat Nova : La Couleur de la grenade (1969) de Sergueï Paradjanov, magnifie l’art de la poésie et de la miniature arménienne. Le film se déploie en un tableau vivant où les rouges (des fruits, des tissus, des incarnats) s’offrent au spectateur, tel un don rituel, à la symbolique sacrée.

Un halo de mystère imprègne également les pourpres et les ocres de La Femme Papillon (2003). Dans ce court-métrage d’animation de Virginie Bourdin, des insectes-marionnettes évoluent sur la scène d’un étrange théâtre où vibrent les textures et les matières.

La couleur se fait plus feutrée dans Les Fleurs de Shangaï (1998) de Hou Hsiao-Hsien. Ses lumières tamisées et sa chromatique raffinée (où rivalisent le rubis et l’émeraude) déploient en 37 plans séquences le portrait délicat d’une maison close chinoise du XIXe siècle. 

Le tableau serait incomplet sans le rouge comme couleur politique. Celle-ci donne le ton au documentaire de Nanni Moretti, La Cosa (1990), consacré au Parti Communiste italien au lendemain de la chute du Mur de Berlin. À l’écoute de militants venus de toute l’Italie, le film enregistre les pulsations d’un mouvement politique à son crépuscule.

Ce mois-ci, dix films pour reprendre des couleurs : sanguines et chaudes, vives et pures. 

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    Clément Cogitore à propos de Sayat nova - La Couleur de la grenade de Sergueï Paradjanov

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